La donne change pour les employeurs. La directive européenne sur la transparence des rémunérations, que la France doit transposer, prévoit d'imposer aux entreprises d'indiquer une rémunération ou une fourchette dès l'offre d'emploi — et d'interdire de demander à un candidat son salaire actuel. Pour les TPE et PME, souvent sans grille salariale formalisée, cela soulève une question concrète : comment définir le bon salaire d'un poste, et l'afficher en confiance ? D'autant que la préparation reste faible — selon une enquête récente, une large majorité de TPE et PME n'ont encore engagé aucune action concrète. Voici une méthode claire en cinq étapes pour vous mettre en ordre de marche.

En bref : pour définir le salaire d'un poste, croisez cinq facteurs — le marché (ce que paient les autres employeurs pour un poste équivalent), le niveau de responsabilité et d'expérience exigé, votre grille interne, la rareté des compétences, et la rémunération globale au-delà du fixe. La réforme de la transparence salariale ajoute une exigence : afficher une fourchette objective dès l'offre, sans plus pouvoir écrire « rémunération selon profil ».

Transparence salariale : ce que la réforme va changer pour le recrutement

La directive européenne 2023/970 vise à réduire les écarts de rémunération entre femmes et hommes par plus de transparence. Sa transposition en droit français est attendue : le calendrier parlementaire a pris du retard, mais l'adoption est en préparation. Trois changements concernent directement le recrutement, et toutes les entreprises seraient concernées dès le premier salarié :

  • Afficher la rémunération dès l'offre : l'employeur devrait indiquer, dans l'annonce ou avant le premier entretien, le salaire de départ ou une fourchette fondée sur des critères objectifs.
  • Fin du « selon profil » : la mention vague « rémunération selon profil » ne serait plus autorisée.
  • Interdiction de demander l'historique salarial : on ne pourrait plus interroger un candidat sur sa rémunération actuelle ou passée.

Au-delà de la conformité, cette évolution rend la maîtrise de votre politique salariale stratégique : afficher une fourchette suppose de savoir la justifier. D'où l'importance d'une méthode solide.

Pourquoi le salaire est un facteur décisif dès l'annonce

Le salaire est souvent le premier filtre du candidat. Les analyses des comportements de recherche d'emploi montrent qu'une majorité de candidats écartent d'emblée les offres sans fourchette de rémunération, ou dont le montant est jugé déconnecté du marché. Pour une PME en concurrence avec de plus grandes structures, afficher un salaire cohérent n'est pas un détail : c'est ce qui détermine le volume et la qualité des candidatures reçues.

Un salaire mal calibré coûte cher — en délai de recrutement, en candidatures manquées, et parfois en départ prématuré quand le nouvel arrivant découvre un décalage entre l'offre et la réalité. À l'inverse, une fourchette juste et bien argumentée attire des profils alignés et raccourcit le processus.

Étape 1 : analyser le marché pour le poste visé

Avant tout, il faut savoir ce que vaut le poste. Cela signifie identifier ce que paient d'autres employeurs pour un intitulé, un niveau d'expérience et une zone géographique comparables. Plusieurs sources existent : les offres d'emploi publiées par vos concurrents, les enquêtes de rémunération sectorielles, les données publiques des conventions collectives, ou les outils d'analyse salariale.

L'objectif n'est pas un chiffre unique mais une fourchette : un minimum (en dessous duquel vous n'attirerez personne), une médiane (le salaire de marché), et un haut de fourchette (pour les profils rares ou très expérimentés). Cette fourchette devient la base de votre décision et de votre future annonce.

Étape 2 : pondérer selon le niveau de responsabilité et d'expérience

Un même intitulé recouvre des réalités très différentes. Un profil junior et un profil avec dix ans d'expérience pilotant une équipe ne se situent pas sur la même fourchette. Définissez précisément le périmètre du poste : autonomie attendue, encadrement éventuel, niveau de responsabilité, diplômes ou certifications requis.

Plus le poste exige de compétences rares ou de responsabilités, plus vous vous positionnerez vers le haut de la fourchette de marché. Cette pondération est aussi ce qui vous permettra, demain, de justifier objectivement le montant affiché.

Étape 3 : vérifier la cohérence avec votre grille interne

Le salaire d'un nouveau poste ne s'établit jamais dans le vide. Il doit rester cohérent avec ce que gagnent déjà vos salariés à responsabilités équivalentes. Un recrutement payé nettement au-dessus de l'existant peut créer des tensions et des revendications légitimes.

Avant de figer un montant, comparez-le aux rémunérations en place et assurez-vous de pouvoir justifier les écarts par des critères objectifs (expérience, périmètre, performance). La réforme imposant précisément de justifier les écarts de rémunération, une grille interne cohérente devient aussi un outil de conformité. Si vous n'avez pas encore de grille salariale formalisée, ce recrutement est une bonne occasion d'en poser les bases.

Étape 4 : intégrer la rémunération globale, pas seulement le fixe

Le salaire brut annuel n'est qu'une partie de l'attractivité. La rémunération globale inclut aussi la part variable (primes, intéressement), les avantages (mutuelle, titres-restaurant, véhicule), et les éléments non financiers qui pèsent de plus en plus : télétravail, flexibilité, qualité de l'environnement de travail.

Une PME qui ne peut pas s'aligner sur le fixe d'un grand groupe peut compenser par une offre globale attractive et différenciante. Pensez à valoriser ces éléments dès l'annonce : ils font souvent la différence aux yeux d'un candidat hésitant entre deux propositions.

Étape 5 : définir une fourchette objective et l'afficher

À l'issue de ces étapes, vous disposez d'une fourchette argumentée. Affichez-la dans votre annonce : la transparence salariale améliore le volume de candidatures et présélectionne naturellement les profils dont les attentes correspondent. Ce qui était hier un bon réflexe deviendra demain une obligation.

Gardez une marge de négociation entre le bas et le haut de votre fourchette pour ajuster selon le profil retenu. Et surtout : confrontez régulièrement votre fourchette au marché, qui évolue vite — un salaire de référence d'il y a deux ans peut être devenu insuffisant aujourd'hui.

À retenir : définir un salaire ne consiste pas à choisir un chiffre, mais à positionner une fourchette objective à l'intersection du marché, du poste et de votre capacité. C'est exactement ce que la transparence salariale exigera de savoir justifier.

Comment RHythm vous aide à définir le bon salaire

La méthode ci-dessus est solide, mais sa première étape — l'analyse de marché — demande du temps et l'accès à des données fiables et actualisées. C'est précisément ce que le Salary Scanner de RHythm automatise : à partir d'un intitulé de poste et de quelques critères, l'outil génère une analyse complète du marché — fourchettes basse, médiane et haute, éléments de rémunération variable, et tendances sectorielles.

Vous obtenez en quelques secondes les repères chiffrés et actualisés que la méthode manuelle réclame, pour décider d'une fourchette objective en confiance — précisément ce que la transparence salariale exigera. Pour aller plus loin sur la conformité de vos documents et pratiques RH, RHythm propose aussi un outil de vérification juridique (HR Legal Check).

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Questions fréquentes

Sera-t-il obligatoire d'afficher le salaire dans une offre d'emploi ?

La directive européenne sur la transparence des rémunérations prévoit d'imposer l'affichage d'une rémunération ou d'une fourchette dès l'offre ou avant le premier entretien. Sa transposition en droit français est attendue ; il est donc prudent de s'y préparer dès maintenant.

La mention « rémunération selon profil » sera-t-elle encore autorisée ?

Non : la réforme prévoit de bannir cette mention vague au profit d'un salaire de départ ou d'une fourchette fondée sur des critères objectifs.

Peut-on demander à un candidat son salaire actuel ?

La directive prévoit d'interdire de demander à un candidat son historique de rémunération pendant le processus de recrutement.

Comment connaître le salaire de marché d'un poste ?

En croisant plusieurs sources (offres concurrentes, enquêtes sectorielles, conventions collectives) ou via un outil d'analyse salariale qui agrège et actualise ces données.

Une PME peut-elle attirer sans s'aligner sur les salaires des grands groupes ?

Oui, en jouant sur la rémunération globale : variable, avantages, télétravail et flexibilité compensent souvent un fixe légèrement inférieur.